Avant 1925

Le procès d'ERL (1903-1917)

 

Mise en contexte

 

Il existe une version officielle des circonstances entourant le divorce d'ERL. Avant de continuer, il est important de bien la connaitre :

LE THÉ EMPOISONNÉ
(Témoignages p. 102)

    [...] Il n'en fut pas ainsi pour le Maître. Sa femme, adultère, devenue la maîtresse du curé Adam, jésuite, sous les conseils de celui-ci, tenta de l'empoisonner, parce que, selon les frocards, le Maître était l'Antichrist en personne, osant opérer des miracles sans la permission de l'évêque, comme si Dieu avait besoin de l'autorisation de Satan pour faire du bien. Les pharisiens en faisaient autant; ils reprochaient au Christ de chasser les démons par Belzébuth.

    Tout ce que Madame Richer faisait, son divin Époux le lui révélait. Si elle sortait, Il lui racontait à son retour, toutes les péripéties de ses rencontres, de ses rendez-vous et de ses emplettes. Ces révélations intriguaient et agaçaient considérablement l'infidèle. Elle allait aussitôt tout rapporter à son amant, qui lui disait : « Vous voyez bien qu'il est possédé du démon, puisqu'il sait tout et critique l'Église. » Malgré les déblatérations d'Adam, le Maître n'en continuait pas moins à dénoncer les agissements criminels des deux coupables. Madame Richer ne pouvait rien cacher au Seigneur, pas plus que nous, du reste. La vie domestique était orageuse. Un jour, lassée d'être continuellement épiée et découverte, elle se rendit au presbytère de l'Immaculée Conception chercher consolation dans les bras de son confesseur. Adam lui dit alors : « Vous feriez une oeuvre méritoire en vous débarrassant d'un homme aussi dangereux pour vous et pour nous, les saints prêtres. » Comme Madame Richer extériorisait ses craintes et ses appréhensions, Adam lui répondit qu'elle n'avait rien à redouter; que, lui, Adam, arrangerait cela; qu'elle serait, enfin, couverte par une impunité assurée.

    Alors Madame Richer se décida. On lui procura du poison, de l'arsenic, je crois, et elle le mélangea au thé destiné à son divin Époux. Contrairement à Mahomet, le divin Prophète saisit la tasse de thé empoisonné et la versant dans l'évier, dit à sa femme : « Tu peux t'essayer avec d'autres, mais jamais avec Moi. »

    Inutile de dire que l'empoisonneuse devint blême comme une pleine lune d'hiver et courut aussitôt raconter son échec à son amant. Ils se consolèrent par l'adultère habituel en se disant que le Maître était véritablement possédé, un énergumène, mais un énergumène puissant.

    La séparation des époux ne tarda pas après une aussi monstrueuse tentative. La femelle, à l'instar des Sabines enlevées par Romulus et ses comparses, préférant l'enfroqué au Seigneur, resta attachée à son séducteur, méprisant son mari, nonobstant Ses divins attributs. Elle intenta un procès au Maître, où elle fut littéralement battue, comme elle le méritait, du reste. Voyons la malice de cette femme et de son don Juan! Après avoir échoué dans toutes les tentatives qu'elle intenta contre son parfait Époux, elle voulut encore l'humilier devant les tribunaux. Mais c'est elle qui fut abaissée et violemment tancée par le juge, malgré son absence.

    Le Seigneur, un dimanche soir, avisa l'assemblée que sa victoire était assurée. Le procès devait avoir lieu le lendemain, lundi. « Demain, dit le Maître, ma femme et son avocat seront cloués sur place; ils ne pourront pas se rendre à la cour. Et la cause sera renvoyée. Ma femme et son avocat seront terrassés tous les deux. »

    Le lendemain, en effet, tel que prédit, l'avocat Wilson, défenseur de l'infidèle, ainsi que Madame Richer furent incapables de se rendre à la cour, cloués tous les deux à la maison par un mal étrange. Le juge, dépité, renvoya la cause avec dépens, forçant la vilaine femelle à défrayer toutes les dépenses suscitées par les procédures.

    Le Maître, en bon prophète, avait subodoré le poison dans le breuvage qui lui était destiné et terrassé le séducteur et sa maîtresse.

     [...]

    Voilà, succinctement raconté, la fin du conflit domestique qui sépara le Maître de son indigne épouse.

LA POULICHE
(Témoignages p. 197)

 

[...] Mais, malheureusement, Sa voix ne fut entendue que d'un très petit nombre d'adhérents, et comme au temps de Jéhovah, Il fut trahi par sa compagne, cocufié par un jésuite du nom d'Adam, même nom qu'au début de l'Histoire, et contraint de fuir aux États-Unis, où Il s'exila volontairement, pour échapper aux poursuites de la mégère, de l'infidèle, qui Le traquait de ville en ville, afin de se faire payer une pension alimentaire, que le Seigneur ne lui accorda jamais, disant qu'Il ne fera jamais vivre de Son travail et de Ses sueurs une des nombreuses maîtresses du clergé romain. [...]

Fin de la citation

 

D'après vous, qui raconta à Gustave Robitaille cette version des faits (en supposant qu'il ne l'a pas inventé lui-même)? ERL évidemment. Qu'en est-il de la version de son épouse, avons-nous des documents qui nous renseignent à ce sujet? Vous auriez posé cette question aux serviteurs et vous auriez été reçu avec une fin de non-recevoir et peut-être même une réprimande pour avoir osé remettre en question la version du Maître. 

La véritable réponse est que les serviteurs ont effectivement en leur possession la version originale des documents judiciaires du procès d'ERL ainsi qu'une retranscription clavigraphiée. Les informations qu'on y trouve font froid dans le dos, nous y découvrons la face cachée de cet homme avant qu'il devienne un dieu vivant pour ses fidèles.

Le prétexte que les serviteurs utilisent pour discréditer les informations dévoilées par ce procès est bien simple : ERL était l'Esprit-Saint incarné et comme pour Jésus Christ, le clergé régnant a flairé le danger et l'a persécuté par toutes sortes de moyens. Ils ont même profité de son épouse qu'un des leurs a enjôlée pour en faire sa maîtresse. Ils ont ensuite mis à profit cet adultère pour tenter de l'empoisonner puis, lorsque le projet a échoué, ils ont monté un procès contre lui avec l'aide de faux témoignages.

Le problème avec cette version est que le procès eut lieu en 1903, donc bien avant qu'ERL fonde sa Mission et se retrouve en opposition directe avec le clergé. Toujours selon la version officielle, il aurait alors fallu que le clergé catholique utilise son influence et risque sa réputation pour : 1. couvrir les accès d'immoralité d'un de leurs prêtres; 2. faire accuser un innocent sans histoire, contre lequel il serait difficile de rallier de faux-témoins. Pour ce faire, il leur aurait fallu comploter avec le lieutenant de police, l'inspecteur de police, une voisine, la famille de son épouse et une femme de ménage qui était de passage et les convaincre de produire sous-serment de faux-témoignages pour faire accuser un innocent. Ce complot machiavélique était éminemment difficile à mettre en oeuvre, car cet homme était irréprochable et il aurait normalement attiré la sympathie de ceux qui le connaissaient.

Permettez-moi maintenant cette réflexion :

Imaginez mesdames, si votre époux était DIEU EN PERSONNE. Il serait littéralement exemplaire en tout chose. Il serait le mari parfait, l'amant parfait, le père parfait, l'ami parfait, le confident parfait, etc. La version officielle selon laquelle son épouse le détestait et préféra commettre un adultère puis tenter de l'empoisonner ne vous semble-t-elle pas invraisemblable? Si cet homme était vraiment Dieu, alors pourquoi n'a-t-il pas su trouver les mots et poser les gestes qui comptent pour conserver l'amour et la fidélité de son épouse (qu'il avait lui-même choisie d'ailleurs)? Poser la question, c'est y répondre...

LA VÉRITÉ

Il n'était en réalité qu'un simple policier qui s'adonnait à des activités illégales qui causeront son renvoi de la police, et dont la femme voulait se séparer à cause de son comportement violent. On peut lire dans les documents du procès des allégations de violences conjugales d'ERL envers son épouse et que l'enquête du service de police de Montréal a permis de découvrir qu'il possédait une propriété servant de maison de prostitution.

 

En plus de ces faits scandaleux, de nouvelles contradictions par rapport à la version officielle peuvent être soulevées comme ce qui suit. En 1917, ERL fit plusieurs déclarations sous serment dans sa Requête du défendeur. Il affirme avoir payé depuis onze mois une pension de 20.00 $/mois à son ex-femme, ce qui contredit la version officielle mentionnée ci-haut selon laquelle « il ne fera jamais vivre de Son travail et de Ses sueurs une des nombreuses maîtresses du clergé romain. » De plus, il prétend être dans l'incapacité de travailler pour raison d'infirmité et de maladie. Il y a deux possibilités : soit il dit la vérité et cela contredit la version officielle selon laquelle ce sont ses consacrés qui l'ont rendu malade de peine; soit il ment, donc il parjure et un tel comportement est indigne de l'Esprit-Saint (Dieu) qu'il prétend être.

Je m'arrêterai sur ce sujet avec une autre réflexion. Selon la version officielle, le clergé catholique était déjà au courant en 1903 de la dangerosité de ce personnage puissant et ils ne tentèrent rien de moins que de l'empoisonner! N'est-il pas étonnant qu'ERL retourne plusieurs années plus tard à Montréal, aide son frère Israël à l'établissement de la Mission de Notre-Dame du Sacré-Coeur de la Régénération avec le curé Jean-Aimé Godbout, puis tente de faire agréer sa Mission par l'Église catholique, celle-là même qui l'a cocufié, a donné l'ordre de l'assassiner puis a monté un faux-procès contre lui!? Je dois avouer qu'ERL savait "tendre l'autre joue"...

La Mission de Notre-Dame du Sacré-Coeur de la Régénération
(1904-1915)

 

C’est un fait connu de tous les consacrés que la Mission de l’Esprit-Saint fut originellement dénommée Mission de Notre-Dame du Sacré-Cœur de la Régénération (NDSCR). Ce fait est mentionné dans la biographie sommaire d'ERL dans le livre Les Documents de la MES d'Anjou :

« […] C'est à cette époque qu'il débuta sa Mission régénératrice, connue alors sous le nom de Mission de Notre Dame du Sacré Coeur de la Régénération. Cette Mission fut présentée aux autorités du Vatican à deux occasions: en 1914, sous le règne de Pie X, et en 1915, sous le règne de Benoît XV.  La présentation au Vatican fut faite par des délégués du Maître: son frère, Israël Richer, et un certain abbé Jean-Marie Godbout, O.M.I. de Magog, Québec.  Dans les deux occasions, le Vatican refusa d'accepter ce remède que leur offrait Dieu. » [Remarquez ici qu'il y a une erreur dans cette biographie partielle, le nom de l'abbé est Jean-Aimé Godbout, et non Jean-Marie Godbout.]

ERL confirme son appartenance à la Mission de NDSCR et le langage qu'il emploie dans certaines de ses lettres découle en droite ligne de la doctrine et du langage de l’Église catholique :


Lettre d'ERL #2 adressée à Viateur Godard, datée approx. en 1913 (lettre non-datée) :
« v.5 - Alors, J'eus un grand découragement pendant trois jours, ce qui M'a paru bien certain trois semaines, et Je ne pouvais plus rien demander, ni invoquer la Très Sainte Vierge et Jésus, mon Sauveur; et Je Me trouvais ingrat et Je reconnaissais qu'ils M'avaient, en plusieurs circonstances, exaucé et parlé, et elle s'était très souvent montrée.
[…]
v. 8 - Mais Je Me disais sans pouvoir trouver: si Dieu, d'après ce qu'Il venait M'enseigner, n'écoutait pas nos prières de sur cette terre, comment peut-on Lui parler? Je comprends bien qu'il faudrait imiter la Très-Sainte Vierge et son Fils, mais si l'Église avec ses prêtres incompétents et si Dieu ne leur accorde point ce privilège gratis, ce dont Il vient de Me parler, comment donc pourrons-nous y arriver? Et l'on souffrait presque le martyre. Et pour Me rachever, la Très-Sainte Vierge s'était complètement retirée.
v. 9 - Alors Je lui crie, comme quand il fait noir et que l'on ne voit personne: «Inutile, ma Très-Sainte Mère, de vous cacher, Je sais que vous l'avez obtenu et exaucé. Si de Moi vous voulez vous retirer, c'est peut-être pour vous montrer à d'autres plus dignes, mais si vous ressentiez la peine de mon âme, vous reviendriez.»
v. 10 - Et presque aussitôt elle Me dit: «J'étais là, mais c'était pour bien te faire comprendre que vous deviez d'abord nous imiter. Et ensuite, ce qui te trouble est bien simple: il est vrai que rien d'imparfait n'arrive à Dieu le Père… »

Lettre d'ERL #7 adressée à Viateur Godard, datée du 21 septembre 1915 à Montréal :
« Mes très-chers soeurs et frères en Notre-Dame-du-Sacré-Coeur de la Régénération.
v. 1 - Le temps est très précieux et bien critique. Il faut bien songer, n'est-ce pas, qu'il est limité et que nous sommes dans les derniers événements de cet âge du monde et de son règne.
v. 2 -Combien devons-nous remercier Dieu, son divin Fils et notre bonne Mère du ciel, de nous obtenir par l'Esprit-Saint cette faveur incomparable d'entrevoir la Lumière, nous, les premiers de cette si sublime Mission qui nous est confiée pour communiquer aux hommes. Avec quelle ingratitude reçoivent-ils ces messages qui leur sont donnés du Ciel! »

Cette dénomination énigmatique (Mission de NDSCR) et ces écrits d'ERL à résonnance catholique ébranlent tous les consacrés à leur début dans l'étude de la doctrine. Pourquoi nomma-t-il sa Mission comme cela pour ensuite changer de nom? Pourquoi le Maître s'exprimait-il de cette manière? 


Les serviteurs nous expliquent que si le Maître s'exprimait comme un catholique au début de la Mission, c’est parce qu’il s'adressait à des catholiques fervents et profondément endoctrinés. Dans sa sagesse, il sut qu’il lui fallait d’abord les convaincre avec un langage familier qui ne les effraierait pas, et c'est seulement après, à mesure qu'ils progressaient dans la compréhension de ses révélations, qu'il put s'exprimer plus librement et parler en Vérité sur toute chose, sans avoir besoin d’utiliser le langage catholique. L’explication est la même pour le nom de NDSCR, car il avait prévu de la présenter à Rome. Dans sa miséricorde sans borne, il voulut donner une suprême chance au clergé catholique de se repentir et d’agréer la doctrine de la Mission. Pour les aider à l'accepter, il poussa même la délicatesse jusqu’à lui donner un nom doux aux oreilles des prélats catholiques.

Or, il est quand même étrange que l'Esprit-Saint (Dieu) se soit permis de faire preuve d'une telle hypocrisie pour arriver à ses fins. N'était-il pas tout-puissant? Il pouvait opérer des miracles et privilégier quiconque de songes et visions, ces preuves et bien d'autres encore de sa toute-puissance n'étaient-elles pas suffisantes pour convaincre même le plus convaincu des catholiques? Mais encore, lui qui connaissait le coeur et l'âme de tout individu, était doué d'une sagesse et d'un verbe sans nul équivalent dans toute l'histoire de l'humanité, n'était-il pas capable de convaincre par sa seule parole même le plus convaincu des catholiques? Et ce sans avoir besoin de masquer ses véritables intentions en s'exprimant dans leur langage pour leur faire croire qu'il était catholique; n'est-ce pas là un exemple type de "jésuitisme", mots inspirés de la doctrine des Jésuites selon laquelle la fin justifie les moyens?

Évidemment, nous ne remettons jamais longtemps en question les réponses des serviteurs et nous évitons de poser ce genre de raisonnement (surtout pas d'une manière franche et directe telle que je viens de le faire), nous avons même peur de nous laisser aller à de telles réflexions craignant de perdre la foi et de nous damner pour l'éternité.


Ces débuts de la Mission sont rarement mentionnés en assemblée. Lorsque c’est le cas, ce n’est que brièvement, soit parce que la question a été amenée à des serviteurs, soit pour critiquer à nouveau le clergé catholique à cause de son refus et vanter la miséricorde d'ERL. Il en résulte que nous sommes tous persuadés que ce qui a été présenté à Rome, c’est la Mission de l’Esprit-Saint telle qu’on la connaît aujourd’hui, car Dieu étant immuable sa doctrine l’est aussi.

LA VÉRITÉ


Venons-en aux faits, est-ce que les serviteurs en savent plus qu’ils n’en disent sur ce sujet? La réponse est oui. Sont-ils prêts à dévoiler ces informations? La réponse est non.


Les serviteurs ont en leur possession plusieurs documents en lien avec cette époque. La raison pour laquelle l’existence de ces documents est toujours restée cachée est qu’ils sapent les fondations de la MES. Les serviteurs sont confrontés à un dilemme. Si ces documents sont authentiques, ils sont des preuves que la MES fut d’abord une communauté catholique ratée avant de devenir une secte religieuse centrée autour de son fondateur. Ils ont donc privilégié une autre théorie : soit ces documents sont des faux fabriqués de toutes pièces par le clergé ou des traitres afin de tromper les consacrés; soit ce sont des documents authentiques, mais il nous manque des informations pour les comprendre réellement ou notre niveau de compréhension actuel est insuffisant pour en tirer quelque chose d’utile à notre Salut. Conclusion : ils considèrent que les consacrés sont inaptes à porter ces choses; leur foi serait ébranlée par ces informations "inutiles pour leur salut"; ils décidèrent donc leur cacher l’existence de ces documents.

Les documents de la Mission de NDSCR

Israël Richer dit Laflèche affirmait à qui voulait l'entendre qu'il était gratifié depuis 1904 d'apparitions de la Sainte-Vierge l'instruisant sur la marche à suivre pour l'établissement d'une nouvelle communauté religieuse au sein de l'Église catholique. Il était aidé dans son projet par plusieurs collaborateurs, dont les plus notables étaient l'abbé Jean-Aimé Godbout et son frère Eugène. Ils ne parviendront pas à obtenir l'assentiment du pape pour leur nouvelle doctrine. En réponse à cet échec cuisant, Eugène Richer dit Laflèche saisit l'opportunité et pris le contrôle de la communauté durant l'année 1915, changea son nom en « Mission de l'Esprit-Saint » et établit une nouvelle doctrine en opposition à l'Église catholique et selon laquelle il était lui-même l'incarnation de l'Esprit-Saint. Les documents ci-dessous sont authentiques, ils nous renseignent sur ce qu'était réellement la Mission de NDSCR et sa doctrine.

Présentation de la Mission à Rome

Les 3 documents commençant par Révélation de [...] sont 3 versions du même document clavigraphiées à des époques différentes. La première est la version complète transcrite par l'abbé Jean-Aimé Godbout et approuvée par  Israël et Eugène Richer dit Laflèche. La deuxième est une version abrégée comportant une page titre mentionnant sa provenance et le transcripteur du document ainsi que le nom de la personne qui l'a recopiée en 1945, Paul-Henri Lagacé. La troisième version est une tentative de recopier à nouveau le document sur ordinateur, mais l'auteur s'est arrêtée pour une raison inconnue. Pour votre information, Paul-Henri Lagacé était un serviteur consacré par Gustave Robitaille en 1933 approximativement. Ils furent tous deux de très proches amis.

Correspondance entre le curé Godbout, Israël et ERL - p. 23 à 38 (mars à juin 1915)

Il s’agit de transcriptions, malheureusement incomplètes, de la correspondance entre les trois membres importants Mission de NDSCR : Israël, son frère Eugène et l’abbé Godbout.

1915-02-27_Lettre à Joseph Marie Haché en lien avec NDSCR

Cette lettre adressée Joseph-Marie Haché est un document indépendant qui n'a pas été signé. D'après son origine (Magog), son contenu et l'époque de sa rédaction, on peut supposer que l'auteur de la lettre est Jean-Aimé Godbout.

Carte postale du pape

La carte postale est un document unique en son genre... Son authenticité est discutable, puisqu'il en existe plusieurs versions. Lors du retour à Montréal des émissaires de la Mission de NDSCR, le moral des fidèles était au plus bas car ils avaient échoué à obtenir l'assentiment du pape. À la surprise générale, Israël Richer brandit alors cette carte postale en prétendant qu'elle venait directement du pape et que ce dernier approuvait leur Mission.

Correspondance (1919-1924)

 

Ils ne nous reste aujourd’hui que des fragments de la correspondance entre les membres de la MES durant la vie d'ERL. Malgré cela, le peu que nous ayons amène son lot de controverses. On y relate des faits dont les serviteurs n’ont jamais parlé en assemblée. Encore une fois, ils ont cru bon de tenir secrète cette correspondance pour éviter de troubler les esprits avec des informations qu'ils jugent "inutiles à leur Salut".

1921 à 1923 - Correspondance entre Gustave/Adélard et Théophile Ferris

Je porte à votre attention les lettres de Gustave Robitaille et d'Adélard Théoret adressées à Théophile Ferris en raison des informations particulières qu'on y retrouve.

 

La fin justifie les moyens


On y apprend qu’ERL avait tenté à nouveau de renouer des liens avec sa fille. Étant en cavale, il employa un moyen détourné : utiliser un de ses disciples comme intermédiaire. Ce qui peut nous laisser perplexes avec son plan, c’est que son fidèle complice Gustave Robitaille exprimait clairement l'intention que tous les moyens étaient bons pour mener le projet à bien. Par exemple, s’il fallait que Théophile Ferris se marie avec la fille d'ERL, alors soit! Il va de soi que la relation entre Théophile Ferris et Marie-Adéla-Eugénie Richer dit Laflèche était malsaine dès le départ, car il n’entrait en relation avec elle que pour accomplir les desseins cachés de son maître. Il est étonnant qu'ERL, la divinité incarnée, se soit abaissé à user de tels procédés pour arriver à ses fins.


D’après les lettres de Gustave Robitaille et d’Adélard Théoret, il était clair qu’ERL voulait que le plan réussisse et était impatient de rencontrer sa fille. Or, le plan échoua et c’est ERL lui-même, par l’entremise de Gustave, qui pressa fortement Théophile Ferris pour qu'il laisse tomber le projet, craignant les conséquences légales qui en résulteraient. ERL a même eu très peur que Théophile révèle sa localisation à sa fille, persuadé que son ex-femme puis les autorités seraient aussitôt mises au courant.

Le cas Riopel


Dans Parlons Doctrine 4, nous trouvons un long article adressé aux Serviteurs à l’occasion du 60ième anniversaire de naissance d'ERL (donc en 1931). Nous pouvons y lire le passage énigmatique suivant :
« Est-ce là la mansuétude la tolérance et la magnanimité de l’Église romaine, l’hydre aux sept têtes ensanglantées!… Avons-nous besoin de rétrograder jusqu’au moyen âge pour évidencer sa barbarie, n’avons-nous pas une victime encore vivante, Monsieur Riopel, tenue captive dans un asile d’aliénés après la plus lâche des trahisons? Le monstre sent sa proie lui échapper. C’est pourquoi sa fureur se ranime, sa malice l’éveille derechef. Il veut tenter un suprême effort pour ressaisir sa victime. »

 

Nous ne connaissons aucun serviteur ou consacré ayant porté le nom de famille « Riopel » à cette époque. Qui est donc cet individu? Si c'était la seule et unique mention de lui dans les livres, nous en serions réduits à ne rien savoir. On pourrait seulement déduire que ce M. Riopel était encore vivant et emprisonné dans un asile en 1931 et  que son enfermement résultait d’une trahison envers lui de la part d’un frère de la Mission.

Or, dans les lettres de Gustave à Théophile Ferris, il mentionne l’enfermement de Monsieur Riopel à cause de son appartenance à la MES : "Pardon me for speaking in those terms, but I have to before it is too late. Ask the servants in Montreal, they will tell you about our brother Riopel who is incarcerated for life in an asylum on account of the Mission, we are never too prudent and careful."
Traduction libre :
« Pardonnez-moi de parler en ces termes, mais je dois le faire avant qu'il ne soit trop tard. Demandez aux serviteurs de Montréal, ils vous parleront de notre frère Riopel qui est incarcéré à vie dans un asile à cause de la Mission, nous ne sommes jamais trop prudents et soigneux. »

 

Une autre mention de ce nom peut être trouvée dans la correspondance entre l’abbé Godbout et ERL. Notez qu’on ne peut établir avec une certitude absolue qu’il s’agit bien du même Riopel car l’abbé Godbout ne donne pas assez de détails. Si c'est bien le même homme, alors l'enfermement de Riopel daterait de l'époque de la communauté catholique et l'évènement était assez important pour que Gustave Robitaille soit mis au courant.


Versets 198,199 : « […] Le Démon reste toujours comme un lion rugissant cherchant qui il va dévorer. Monsieur ou plutôt le frère Riopel vient d’écrire une autre belle page dans l’histoire de notre chère Mission. Satan va réussir, sans doute, à empêcher que la leçon qui en ressort si claire soit comprise par d’autres que les frères et soeurs mais un jour viendra qui ne doit pas être loin que ces leçons livrées au grand public avec autorité éclaireront les personnes de bonne foi sur les menées présentes de l’enfer et leur indiqueront où se trouve la vérité. »
 

ERL a fait sortir trois de ses fidèles consacrés de prison. Il a sauvé Mme Mousseau de ses persécuteurs. Pourquoi n’a-t-il pas sauvé ce Monsieur Riopel, qui d’après les dires de Gustave lui-même, doit son enfermement à ses liens avec la Mission et fut même victime d'une trahison? Si cet homme était vraiment malade, alors pourquoi le Maître ne l’a pas guéri, lui qui était tout-puissant et bon pour ses fidèles?


On nous rétorquera que c’est peut-être parce que Monsieur Riopel ne méritait pas de guérison ou qu’il méritait de rester prisonnier d’un asile. Si tel est le cas, alors pourquoi avoir tenu secret ce témoignage et n’en avoir jamais parlé dans les livres officiels? Nous avons pourtant le témoignage de Viateur Godard, qui était un grand ami du Maître et qui n’a pas été guéri. Ce qui est arrivé à Monsieur Riopel est tout de même notable : soit le Maître n’a pas guéri un consacré; soit le consacré n'était pas malade, il a plutôt été trahi et emprisonné dans un asile puis le Maître l'a volontairement abandonné à son sort. 

 

Conclusion

Bref, tous ces évènements de la vie de ERL ne sont pas les bienvenues dans le grand public. Les serviteurs préfèrent les garder cachées afin de ne pas entacher la réputation d’omniscience, d’omnipotence et de bonté du Maître. Ces évènements amènent trop de questionnements « inutiles à notre Salut. »

Plusieurs de ces lettres sont en anglais, je vous propose ici une version PDF que j'ai produite. Vous pourrez copier-coller le texte dans un logiciel de traduction.

1919 à 1924 - Autres lettres

Vous trouverez les autres lettres que les serviteurs possédaient et qui sont datés entre 1919 et 1924 dans le dossier DOCUMENTATION que vous pouvez télécharger dans la page principal de cette section.

Quelques détails intéressants

1920-04-23_Lettre d'Adélard Théoret à Albert Lahaie

Dans cette lettre, Adélard Théoret mentionne la chose suivante qui peut nous laisser perplexes : « C’est que le Seigneur étant fort occuper ce temps-ci, ses instants réclamés par de multiples soucis, m’a prié de vous exprimer son regret de ne pouvoir vous écrire Lui-Même sa vue d’ailleurs lui faisait quelque peu défaut. » ERL avait des problèmes de vision en 1920? Étrange que Dieu souffrit de tels imprévus. Pourtant, n'est-il pas écrit dans les témoignages qu'il pouvait écrire dans le noir le plus complet?

Témoignages p. 111 : « Quand le Seigneur écrivait la nuit, et cela lui arrivait fréquemment, Il se passait facilement de lumière artificielle. La sienne Lui suffisait. C'était chose admirable, et presqu'incroyable à la fois qu'un Homme pût écrire en profonde obscurité. Nous ne l'aurions jamais cru si nous n'en avions pas été témoins. Et ces lettres, écrites dans les ténèbres, étaient aussi lisibles que celles calligraphiées à la clarté du jour. Les lignes étaient aussi droites et l'écriture orthodoxe. Pour nous, mortels écrivailleurs, à peine si nous pouvons suivre les lignes à grand renfort de bougies, de lampes ou d'ampoules électriques puissantes. »

1923-03-29_Lettre de Gustave Robitaille à Mr et Mme Bergeron

Gustave Robitaille écrit à Mme Bergeron pour lui apprendre la fuite imminente d'ERL de Fall River. Selon lui, à cause des Ferris qui ont fait une propagande trop intense, beaucoup de gens viennent à Fall River pour rencontrer celui qui se nomme le Christ. ERL pris la poudre d'escampette pour éviter le trouble et ce surcroit d’attention qui pourrait amener les autorités à découvrir sa cachette.

1924-10-01_Lettre d'Adélard Théoret aux frères et sœurs

Un détail intéressant à retenir de cette lettre, c’est qu’Adélard Théoret avait déjà commencé à préparer la succession d’ERL. Dans la lettre d’ERL qu’il joint, il est mentionné : « Adélard! Adélard! Je soupire après le temps où je dois te voir ici pour faire la correspondance et diriger la Barque. J’ai besoin, j’ai grand besoin de me reposer à la vue L’Esprit-Saint. » Je le mentionne ici car Gustave Robitaille, après la mort d’ERL et la proclamation sur Adélard Théoret accusait Adélard d'avoir attendu après la mort d’ERL pour s’emparer de la Mission.  Or, ce n’était pas vrai. Non seulement ERL affirmait dans de nombreuses lettres et depuis très longtemps qu'Adélard devait prendre sa suite ― pensons seulement à son titre officiel de "Sous-Majesté" ― mais en plus Adélard avait été proactif et n'avaient pas caché ses intentions de respecter les volontés d'ERL. Laissez-moi ajouter ici que ce n'est que longtemps après la mort d'Adélard Théoret que Gustave Robitaille sortira de son chapeau des paroles d'ERL faisant de lui-même l'unique chef de la MES et le remplaçant du Maître.